DAKAR 2016 :Peugeot au sommet avec "Peter", Price pour une première

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Le Dakar 2016, dont le parcours a été bouclé par 218 véhicules (84 motos, 23 quads, 67 autos et 44 camions), s'est achevé sur la victoire de Stéphane Peterhansel, qui remporte l'épreuve pour la 12ème fois en égalant en voiture le record de 6 titres qu'il détient également à moto. « Monsieur Dakar », chef de file d'une Dream Team Peugeot qui a dominé la course avec 9 étapes remportées au total sur 12 disputées, ajoute à sa collection un succès symbolique qui signe le retour au palmarès de la marque au lion, 26 ans après la dernière victoire d'Ari Vatanen au volant d'une 405. Nasser Al Attiyah dans sa Mini et Giniel De Villiers en Toyota Hilux complètent le podium. La course motos est quant à elle remportée pour la première fois par un Australien, Toby Price, auteur d'un sans-faute pour sa deuxième participation au Dakar. Le changement de génération est acté dans la catégorie, avec 5 nouveaux venus dans le Top 10 final. Ce sont en revanche des revenants qui se sont imposés en quad, puisque le duo des frères Patronelli a survolé les débats, Marcos en tête. Gerard De Rooy s'impose pour la deuxième fois sur le Dakar en camions, après son succès de 2012.

Autos : « Peter », 6 + 6 !N'en déplaise à Jean de la Fontaine, le lion peut aussi se muer en lièvre, et finir par s'imposer au terme d'une course d'endurance. A sa décharge, du haut de son XVIIe siècle, le fabuliste n'avait pas anticipé les rebondissements qui se produisent sur le Dakar, ni l'impact des dunes de Fiambala sur son déroulement, encore moins le niveau de performance des Peugeot 2008 DKR après une prestation laborieuse en 2015, ou la maîtrise absolue de Stéphane Peterhansel. Tous ces paramètres ont bel et bien joué dans cette 38ème édition, marquée par la domination des buggys Peugeot, insolente dans un premier temps, incertaine ensuite sans le talent de son chef de file, vainqueur de son… 12ème Dakar ! A mi-course, la Dream Team avait placé en tête un tiercé mené par Sébastien Loeb, qui n'a finalement pas résisté aux franchissements de dunes et aux traversées de rios, tandis que Carlos Sainz infligeait à sa machine un traitement un peu trop corsé pour espérer rejoindre l'arrivée à Rosario. En deux jours l'attelage à trois se réduisait à un numéro de soliste dont les figures les plus spectaculaires étaient réalisées sur l'étape de La Rioja, au cœur des dunes de Fiambala : « Monsieur Dakar » écartait la concurrence à plus d'une heure, et mettait ensuite le cap sur Rosario avec la plus grande prudence, escorté par des « ange-gardiens de luxe » nommés Loeb et Despres. Précisément, la concurrence n'a jamais réellement constitué une menace pour « Peter », avec un Nasser Al Attiyah ayant lui-même admis son statut de faire-valoir. Le tenant du titre, qui a tout de même repris force et vigueur en deuxième semaine, achève sa tournée argentino-bolivienne avec deux victoires d'étapes, et une médaille d'argent presque inespérée en quittant Salta après la journée de repos. Derrière le Qatarien, Giniel De Villiers confirme son statut de valeur sûre, en signant son 5ème podium en 13 participations. Le pilote Toyota n'a pas davantage inquiété les Peugeot que n'ont pu le faire les Mini, mais le Top 10 accueille tout de même quatre Hilux, avec les contributions très honorables de Leeroy Poulter (5ème) et de Vladimir Vasilyev (8ème). La densité dans cette élite reste toutefois du côté des Mini, Nasser Al Attiyah étant suivi de plus en plus près par le meilleur débutant du plateau Mikko Hirvonen (4ème), Nani Roma (7ème) et un autre nouveau venu prometteur, Harry Hunt (10ème).

Motos : Price, leader d'une nouvelle génération.

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Pas plus Stéphane Peterhansel que Marc Coma ou encore Cyril Despres, pilotes les plus titrés du Dakar, n'avaient réussi ce que Toby Price a réalisé cette année, à savoir remporter le plus célèbre des rallye-raids dès sa seconde participation. « C'est un sacré record, lâchait le pilote KTM à l'arrivée de Rosario. Mais je suis aussi très content d'être le premier Australien à remporter le Dakar toutes catégories confondues. » Son succès, Price l'a construit avec une étonnante maturité. Du haut de ses 28 ans, le gaillard a su parfaitement gérer les temps forts et les temps faibles des deux semaines de course. « J'ai attaqué quand il le fallait et j'ai su économiser la moto sur les étapes marathon », détaille-t-il. Avec ça, Toby Price n'a pas commis la moindre erreur. Profitant par ailleurs de la fiabilité d'une KTM qui remporte son quinzième Dakar de rang, l'Australien a adroitement évité les pièges qui se sont refermés sur ses principaux adversaires avant de prendre définitivement les commandes du rallye dans la foulée de la journée de repos. Candidats à la victoire, Joan Barreda et Paulo Gonçalves n'ont ni l'un, ni l'autre, rallié l'arrivée. Le premier a été trahi par la mécanique du côté d'Uyuni alors que le second est parti à la faute vers Fiambala après avoir lui aussi connu des ennuis de moteur. La Bolivie a également été fatale à Ruben Faria et Matthias Walkner, deux autres candidats au podium. Le Portugais s'y est cassé une main, l'Autrichien un fémur. Le Slovaque Stefan Svitko et le Chilien Pablo Quintanilla s'en sont mieux tirés, les deux hommes accompagnant Toby Price sur le podium final. Ce 38e Dakar aura par ailleurs consacré l'avènement d'une nouvelle génération de motards qui débutait cette année. Révélation sud-américaine, l'Argentin Kevin Benavides termine quatrième du classement général après s'être illustré en remportant la troisième étape. Antoine Meo a lui aussi longtemps bagarré pour une place sur le podium avec Kevin Benavides et Pablo Quintanilla. Victime d'une lourde chute à la veille de l'arrivée à Rosario, le quintuple champion du monde d'enduro a malheureusement été contraint de se contenter de la septième place du général. Belle prestation également du double vainqueur de l'Enduropale du Touquet, Adrien Van Beveren, qui chipe justement à Meo la sixième place dans la dernière étape. Eux aussi dans le Top 10, l'Américain Ricky Brabec, premier représentant Honda dans le classement, et l'Espagnol Armand Monleon, terminent respectivement neuvième et dixième.

Quads : Marcos Patronelli, en famille.

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Chez les quads, l'incertitude ne s'est pas installée très longtemps quant à la capacité des frères Patronelli à effectuer un retour concluant sur le Dakar. Dans le coup dès les premiers kilomètres, Alejandro et Marcos ont aussi bénéficié de l'hécatombe des autres favoris de la course. Après Rafal Sonik (vainqueur) sorti de la course par des problèmes mécaniques, c'est son prédécesseur Ignacio Casale qui regagnait ses pénates avec deux spéciales supplémentaires en poche, mais surtout une clavicule en vrac. Au rythme auquel les « Patrons » évoluent, le chemin de la victoire est vite apparu dégagé, avec l'incertitude de savoir auquel des deux le trophée serait remis à Rosario. En définitive c'est le cadet, Marcos, qui prend l'avantage sur Alejandro, le dépassant à la fois dans le classement général (de 5'23'' seulement) et au palmarès de l'épreuve, avec maintenant trois titres contre deux. Leur premier poursuivant, le Sud-Africain Brian Baragwanath, pointe à 1h41' du vainqueur.

Camions : Gerard de Rooy et l'évidence Iveco.

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Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour Kamaz. Les camions bleus sont arrivés à Buenos Aires en tenants du titre avec Airat Mardeev. Et même du podium avec les 2ème et 3ème places l'an dernier d'Eduard Nikolaev et Andrei Karginov. Ils repartent de Rosario après une campagne particulièrement terne (3 étapes pour Nikolaev et jamais leader du général). La faute à des adversaires motivés et performants, que ce soit dans des cabines Iveco ou Man. C'est la deuxième fois en Amérique du Sud, après 2012, qu'il n'y a qu'un seul camion Kamaz sur le podium, Mardeev en l'occurence. Et encore à l'époque s'agissait-il de la délicate transition de l'après Chagin. Les Kamaz en retrait, Gerard De Rooy a mis la main sur la course à partir de la 8ème étape pour ne plus la quitter. Il signe donc un deuxième succès après son premier titre obtenu précisément en 2012… L'héritier De Rooy termine avec une confortable avance et trois victoires d'étape dans sa besace à l'issue d'une course animée par une ancienne connaissance, son cousin Hans Stacey sur Man (vainqueur 2007) et gagnant de la dernière étape, et un surprenant Federico Villagra, 3ème sur Iveco également, à l'issue de sa première participation dans la catégorie. Le bilan constructeur situe d'ailleurs la nouvelle répartition des forces dans la catégorie : Kamaz ne place que 2 camions dans le Top 10, alors qu'Iveco y installe 4 machines.(com)

Classements final : ICI

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