Le point sur les transferts 2014-2015

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fia,f1Voici en tous les cas les quelques affirmations pouvant être faites, dans le cas d’un alignement de deux autos par team, alors que la saison F1 2014 touche bientôt à sa fin.

Mercedes-Benz – Au plus fort de la guerre psychologique avec Hamilton, Nico Rosberg a prolongé son contrat en cours de saison. Il sera encore au volant d’une Flèche d’Argent pendant au minimum deux ans, avec vraisemblablement une troisième année en option. Lewis Hamilton dispose d’un contrat 2015 ferme et entamera les discussions concernant un renouvellement pluriannuel consécutivement à la finale d’Abu Dhabi. Un nouveau titre de Champion du Monde ne pourrait que l’aider à obtenir les conditions financières désirées. En tant que Champion du Monde, le team peut se permettre beaucoup de choses du côté des réservistes. L’enfant de la maison Pascal Wehrlein, actuellement en DTM, sera sans doute une nouvelle fois mis au four et au moulin.

Red Bull Racing – Signé initialement pour un an ferme mais disposant d’un contrat à tiroirs, Daniel Ricciardo rempile logiquement avec le Taureau Rouge et deviendra le leader de l’équipe autrichienne. Seul vainqueur de GP non-Mercedes cette saison, l’Australien fera équipe avec Daniil Kvyat, promu depuis Toro Rosso après seulement une saison. Cerise sur le gâteau, en plus de représenter un produit purement issu de la filière Red Bull, ce duo est particulièrement peu onéreux en termes de masse salariale pour Red Bull.

Williams – Valtteri Bottas représente l’avenir de Williams et sort d’une saison extrêmement convaincante. Toto Wolff, son manager, saura placer celui-ci où il faut lorsqu’une meilleure option se présentera. Pour l’heure, si le Finlandais attire logiquement l’attention d’autres équipes, 2015 devrait en toute logique se dérouler de nouveau avec le team de Grove, avec qui il dispose d’un contrat. Pas aussi régulier mais épanoui personnellement, Massa a lui aussi un contrat avec le team, qui perd en revanche le réserviste Felipe Nasr et son sponsor Banco do Brasil, en partance pour Sauber.

Ferrari – Ah, Ferrari et ses contrats ! Après le rachat du deal de Räikkönen, fin 2009, pour laisser entrer Alonso, ou encore les pré-accords avortés trouvés avec Kubica et Hülkenberg pour faire équipe avec ce dernier, c’est l’activation d’une option sur le long terme signée il y a plusieurs années qui met le feu à Maranello cette année. L’arrivée de Vettel chez Ferrari n’est pas officialisée et dépend encore du timing de l’annonce de l’avenir de Fernando Alonso, qui tient tout le paddock en haleine, mais le deal est scellé. Tout porte à croire que la Scuderia disposait il y a encore peu de trois champions sous contrant pour 2015 avec Vettel, Alonso et Räikkönen. Quant à Jules Bianchi, il faisait partie des options pour le moyen terme, disent Montezemolo et Baldisseri. L’avenir d’Alonso, et par conséquent de Vettel, devraient être annoncés avant la manche d’Abu Dhabi.

McLaren – Aucun pilote n’a encore été confirmé au sein du team qui débutera l’année prochaine son association piste avec Honda. Le motoriste japonais désire ardemment Alonso, qui désire lui-même faire équipe avec Button plutôt qu’avec Magnussen, en raison des relations passées de celui-ci avec Honda, et de ses aptitudes en termes de développement. Mais Woking ne sait pas à quel Saint se vouer et voit également sur le long terme. La masse salariale d’un duo Alonso/Button serait par ailleurs conséquente, laissant grandement la porte ouverte à Magnussen, qui pourrait chasser le pilote le plus expérimenté du plateau. Si pour l’heure tous ces noms sont les plus souvent publicisés, McLaren demeure un projet intéressant pour tout pilote et il est certain que Ron Dennis dispose de nombreuses autres options sur la table. Une surprise n’est pas à exclure totalement.

Force India – L’équipe se bat pour son avenir en F1, après avoir accusé 240 millions d'euro de pertes depuis 2007 en dépit de performances remarquables. En tous les cas, Vijay Mallya reste fidèle à ses convictions et préfère aligner deux pilotes au coup de volant rassurant en Nico Hülkenberg et Sergio Pérez. Seul le premier a été officiellement confirmé, mais Mallya a indiqué ce weekend avoir exercé son option sur le Mexicain, qui devrait ainsi disputer son premier GP national l’an prochain.

Toro Rosso – Le team lui avait fait ses adieux par voie de communiqué officiel, mais Jean-Eric Vergne pourrait bien devenir le premier pilote de l’Histoire de cette jeune équipe à débuter une quatrième saison consécutive...après avoir été remercié ! Preuve, d’une part, que le management ne voit pas en lui le potentiel d’un Vettel ou d’un Ricciardo, ni même, visiblement d’un Kvyat pour monter. Mais preuve également que l’équipe sait disposer d’une excellente valeur-référence pour former la nouvelle sensation du team, le (très) jeune Max Verstappen. Reste que JEV demeure en concurrence face à d’autres jeunes de la filière Red Bull, comme Carlos Sainz Jr ou Alex Lynn. Pierre Gasly, lui, devra sans doute attendre encore un petit peu. Marco Wittman, plus jeune champion DTM de l’Histoire, remporte un test avec le team en guise de prime, mais il n’est nullement question d’aller plus loin, d’autant que la logique Red Bull voudrait dans ce cas qu’Antonio Felix Da Costa soit sur la liste si la filière allait pêcher en GT.

Lotus – Dans l’hypothèse d’une grille à deux autos pour tous sur laquelle se trouverait Lotus, difficile pour Romain Grosjean d’aller voir ailleurs qu’à Enstone, son refuge de toujours, en dépit d’une cote plutôt à la hausse depuis deux ans. Car au final, avec des garçons comme Bottas ou encore Hülkenberg et Magnussen pour convoiter les mêmes baquets, y compris pour 2016, la concurrence est rude. Rongeant son frein, le Franco-Suisse attend une auto lui permettant de retrouver les positions occupées avec Lotus l’an dernier. Mais une auto tout court serait déjà bien à ce stade ! L’option McLaren n’est jamais parue crédible, en dépit de la présence à bord d’Éric Boullier. Chez les autres teams compétitifs, les places sont réservées. Grosjean ne peut désormais qu’espérer que Lotus dispose des armes financières pour être de la partie l’année prochaine. Les annonces d’un juteux deal avec Maldonado –et PDVSA- et de l’achat du moteur Mercedes donnent de quoi espérer. C’est clairement le but recherché par Gérard Lopez, qui se bat en coulisses pour convaincre d’autres investisseurs de boucler le budget de campagne.

Sauber – Comme Force India, Sauber a déjà officialisé son line-up 2015 en dépit du fait de lutter pour sa présence sur la grille l’an prochain. Le team avait l’embarras du choix…et surtout l’embarras ! Le choix de pilotes parle pour lui et laisse deviner quelle est la priorité actuelle de l’équipe : Marcus Ericsson dans le premier baquet ; Felipe Nasr dans le second. Tous deux apportent d’importantes valises de cash, pour un montant global avoisinant probablement les 30 millions. Mais Nasr est un talent à suivre, après avoir été fort plaisant à suivre en GP2. Reste que Sutil disposait selon lui d’un contrat 2015. Haas s’est déjà placé dans les rangs pour s’attribuer ses services en 2016. Après deux saisons peu convaincantes, le poids des soutiens mexicains d’Estéban Gutierrez n’est plus suffisant. Plus surprenant, Giedo van der Garde, réserviste et lui aussi bien doté, n’est pas parvenu à s’adjuger un baquet de titulaire. Sauber aura également déçu Simona de Silvestro et Sergey Sirotkin, qui se sont longtemps vus tirer le gros lot.

Caterham et Marussia – On ne cesse de penser à Jules Bianchi, l’homme de la "troisième Ferrari" selon les propres mots intrigants de Luca di Montezemolo. Le Français se bat pour sa vie au Japon et son entourage est malheureusement bien loin des préoccupations contractuelles habituelles de ce stade de la saison. Pour Max Chilton, la reconversion sera difficile. Bien soutenu financièrement, l’Anglais voit cependant déjà porte close chez Sauber et ne dispose pas de nombreuses options, même en tant que réserviste.

Kamui Kobayashi n’était pas payé pour rouler cette année chez Caterham. Mais même un tel effort n’a pas suffi à lui permettre de ne pas être remplacé à la première occasion de faire entrer du cash. Après André Lotterer, venu pour une pige dans son baquet, Rubens Barrichello était parti pour hériter de la place sur les dernières manches de cette saison ! Le sympathique japonais semble voué à devoir tenter une nouvelle reconversion, après être déjà passé par l’endurance.

On aurait pu aussi parler d’eux – Jolyon Palmer (champion GP2), Estéban Ocon (Champion F3 Europe), Alexander Rossi, Charles Pic, Stoffel Vandoorne, Mitch Evans, Daniel Juncadella, Robert Frijns, James Calado, Roberto Mehri, Oliver Rowland, Pascal Wehrlein ou encore Susie Wolff pourront déjà s’estimer heureux de disposer d’un baquet de réserviste, de testeur en simulateur ou d’être alignés sur les Rookie Days.

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