Dakar 2016:« En voiture, c’est chacun pour soi »

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Après avoir brillé en qualité de copilote de camion, Tom Colsoul compte se faire remarquer parmi les équipages de pointe en voiture. Il sera le navigateur de Bernhard Ten Brinke dans la course qui débutera à Buenos Aires le 2 janvier.

 

De la gouaille à revendre, un sens de l’analyse appréciable : voilà Tom Colsoul, solide gaillard de 39 printemps, qui a largement dépassé le stade de « fils de » depuis belle lurette. Le sport automobile est une affaire de famille chez les Colsoul depuis les années ’80.

Guy, à l’époque dorée du rallye, était une vraie star chez nous. Rendu plus populaire encore par ses performances dans les premières éditions du Dakar façon Thierry Sabine. Au volant d’une Opel dotée de deux roues motrices seulement, il réussit l’exploit d’occuper la tête de la course pendant quelques jours.

Tom, son rejeton, a préféré les road-books aux pédales. C’est d’abord dans des bahuts de course, avec Gerard De Rooy (lui aussi un « fils de ») qu’il s’est distingué. «On a vécu de sacrés bons moments », évoque Tom. «Au total, on a remporté vingt-sept victoires d’étapes en neuf participations et on a gagné du côté des camions en 2012. J’ai aussi vécu quelques belles frayeurs avec Gerard. » On se souvient de cette cabine détachée du châssis du camion, à l’envers et plantée dans le sable, lors d’un saut de dune en Mauritanie. Ou encore de cette sortie de route définitive au km 70 de la première spéciale du Dakar en version sud-américaine… Des frayeurs qui n’altèrent pas les souvenirs du Limbourgeois. «Parmi les camions du Dakar, il existe aussi une fameuse concurrence mais l’ambiance demeure sereine. Moi, je roulais parmi une trentaine d’équipages hollandais. Le soir au bivouac, on riait bien. Une atmosphère radicalement différente chez les concurrents en voiture. En bagnole, les gens d’une même équipe se regardent en chiens de faïence. Ils préfèrent te tuer plutôt que te serrer la main. Il m’a fallu un an pour le comprendre. En voiture, c’est chacun pour soi. » Une détermination farouche qui tient du plan de carrière : «Il était temps de tourner la page camion », insiste Tom. «Comme l’an passé, je fais partie de l’équipe Overdrive, l’une des meilleures du Dakar. À ce stade, le rallye-raid demeure un hobby mais si je veux progresser, c’est en réussissant de belles performances dans un top team comme celui-ci. »

Avec son pilote hollandais, Colsoul nourrit des ambitions de podium : «C’est un homme d’affaires venu il y a peu de temps en rallyeraid mais il est déjà terriblement performant. Voici douze mois, nous aurions pu finir au troisième rang si différents ennuis ne nous avaient pas retardés. Cette édition sera bien plus difficile. Je prédis un sprint de 15 jours. Pendant la première semaine, les différences seront réduites. La chaleur va user les organismes. On va aussi devoir se farcir des liaisons incroyablement longues. Bref, ce sera un Dakar très sélectif. »

Source info:sudpresse D.D.

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