Rallye des Ardennes:Bouche et Rouard maîtrisent leur sujet aux Ardennes & encore une victoire "historique" pour Vande

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Malgré une crevaison, Xavier Bouche n’a pas tremblé pour aller cueillir une troisième victoire à Dinant. En D1-2-3, Bastien Rouard signait quant à lui un deuxième succès consécutif cette année, de quoi conforter sa position de leader au championnat. En historique, Jean-Pierre Van de Wauwer a une fois de plus été intraitable.(photo J.G.)

Après des débuts réussis à Hannut, le Championnat de la Fédération Wallonie-Bruxelles des rallyes a continué sur sa dynamique positive pour sa deuxième halte de l’année. En figurant déjà parmi les épreuves régionales incontournables de notre pays, ce Rallye des Ardennes 2016 était agrémenté d’une belle surprise avec la venue de Romain Dumas. S’il ne pouvait prendre part au rallye en lui-même afin d’éviter tout risque d’accident à deux semaines de la reprise du Championnat du Monde d’Endurance, le vainqueur des 24 Heures du Mans 2010, toujours souriant et disponible, avouait prendre un grand plaisir à ouvrir la course sur sa Porsche 996 GT3. Instigateur de la venue de Dumas, Julien Elleboudt jouait également les ouvreurs de luxe en échangeant le volant de sa Ford Escort avec David Loix, ancien espoir du rallye belge et vainqueur ici-même en 1999 en Corolla WRC.

Bouche en toute logique

En décidant de s’aligner avec la Skoda Fabia R5 de SAN Mazuin à Dinant, Xavier Bouche était de facto pointé comme le grand favori. Prenant d’emblée les commandes, le Marchois faisait honneur à son statut et semblait se diriger tout droit vers une victoire nette et sans bavure. C’était sans compter sur une crevaison dans la spéciale de Leignon qui lui faisait perdre la bagatelle de 45 secondes ainsi que le leadership en fin de matinée. Qu’à cela ne tienne, Xavier ne s’en laissait pas conter, et il refaisait rapidement son retard sur la concurrence. Repassé en tête en cours de deuxième boucle, le Champion de Belgique 2006 n’était plus inquiété par la suite et inscrivait son nom pour la troisième fois au palmarès des Ardennes après 2006 et 2007 : « Super journée ! », lançait-il sur le podium d’arrivée. « Au-delà du résultat, le but était également d’accumuler des kilomètres au volant de l’auto et de peaufiner les réglages en vue du prochain Rallye de Wallonie. Tout cela est donc de très bon augure pour la suite ! »

Celui qui aura assuré l’intérim en tête durant quelques spéciales n’était autre qu’Olivier Collard. Alors vainqueur en titre de l’épreuve, cet autre Marchois ne pouvait guère rêver mieux que la deuxième place cette année : « À la régulière, c’est impossible de concurrencer une R5 bien pilotée avec ma fidèle Mitsubishi Lancer Evo 10. Xavier avait tout simplement la combinaison gagnante aujourd’hui et je suis très satisfait de cette deuxième place. Avec ma nouvelle copilote qui effectuait là son premier rallye moderne, nous nous sommes beaucoup amusés sur ce magnifique parcours concocté par l’Écurie Bayard. »

Longtemps en bagarre avec Collard, le Hollandais Piet Van Hoof (Mitsubishi Lancer Evo 4) était mis KO par son prédécesseur dans la dernière spéciale lorsqu’une averse passagère rendait le parcours extrêmement délicat et lui faisait perdre 40 secondes d’un seul coup. Au classement général, il devançait son compatriote Hein Jonkers (Mitsubishi Lancer Evo 5) et le Luxembourgeois Yann Munhowen (Subaru Impreza). Sixième, Jim Van Den Heuvel (Lancer Evo 10) a impressionné l’assemblée en réalisant quelques passages en force qui n’étaient pas sans rappeler le style de son frère Jasper, bien connu chez nous. Dans le reste de la Division 4, la classe 12 revenait au Luxembourgeois Jacques Gregorius (Ford Fiesta R200, 8e) alors que la classe 13 était enlevée par l’Allemand Andréas Konrath (Opel Astra, 15e).

Rouard prend sa revanche

Victime d’un bris de cardan alors qu’il menait la course en Divisions 1-2-3 en 2015, Bastien Rouard avait une revanche à prendre sur le Rallye des Ardennes. Débarquant en bord de Meuse galvanisé par sa victoire à Hannut, il n’a tout simplement laissé à personne d’autre, le soin de prendre le commandement du classement. Au volant d’une Peugeot 207 R3T lui allant comme un gant, le Cinacien réalisait un festival à domicile en tendant ses trajectoires au maximum tout en profitant allégrement du couple de sa monture turbocompressée.

Derrière, la concurrence n’a pourtant pas chômé: à commencer par Dimitri Pirot, Laurent Mottet et Jean-Yves Lejeune qui formaient une véritable escadrille ardennaise lancée à toute allure aux trousses de Rouard. Avec leurs tractions à moteurs atmosphériques, ils étaient toutefois un peu « justes » pour réellement inquiéter le leader et c’est entre eux qu’une belle bagarre se dessinait. S’ils échangeaient leurs positions tout au long de l’épreuve, c’est finalement le champion en titre, Laurent Mottet, qui amenait sa Peugeot 306 sur la 2e marche du podium devant la Clio de Lejeune, tandis que Pirot (Clio également) sortait de la route pour le compte en toute fin de journée. Excellent 3e en début de course avec son antique Opel Kadett, Alan Marée sombrait hélas trop rapidement en tout début d’après-midi.

Un peu plus en retrait, Vincent Bouchat (Clio) complétait le top 5 final en compagnie de Frédéric Hébette (Citroën Saxo). Ces deux-là devançaient la Peugeot 106 de Nico Vanderweerde et la Polo RGMI d’Olivier Beck, vainqueur en classe 11 pour son retour dans le baquet de gauche. Également de retour après un an et demi d’absence, Quentin Collignon (Peugeot 206 RC) réalisait quelques chronos intéressants une fois réhabitué à l’utilisation de gommes conventionnelles. Cela lui permettait de prendre le meilleur sur le toujours redoutable Sébastien François (Clio, vainqueur en classe 6) et l’inimitable Vincent Compère (BMW 325).

Dans les plus petites catégories, on notera les victoires des utilisateurs de VW Polo Jérôme Vanlanguenakens (14e) en classe 5 et Bernard Mathy (16e) en classe 4. Ces deux-là devançaient même le meilleur pilote de classe 8, à savoir David Delvigne (Nissan Micra, 17e). Seul pilote engagé en D1, Michaël Potar (Peugeot 205) jetait le gant après être sorti de la route.

Van de Wauwer : comme d’hab

Du côté des historiques, Jean-Pierre Van de Wauwer a montré qu’il était le patron sur l’une de ses courses fétiches. Comme en 2015, le Verviétois s’est adjugé l’ensemble des meilleurs temps de la catégorie Classic au volant de sa fidèle Lancia Beta Monte Carlo. Relégué à plus de trois minutes, Bruno Lacroix (Ford Escort) devançait toutefois le local Benjamin Defesche, lequel imposait son impressionnante Opel Ascona en classe 18. Enfin, Émile Tollet (Escort) et le champion en titre Kris Dedoncker (Alfa Romeo Alfasud) complétaient le classement final. S’il n’y avait pas de concurrent engagé en SR, on notera toutefois qu’une poignée de pilotes amateurs inscrits en Démo ont pu apprécier en toute sécurité et sans la pression du chrono, le superbe parcours mosan.


 

 

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